
Impossible de ne pas remarquer le jeune musicien, son œil souriant, ses cheveux très bruns, son calme aussi, et sa concentration impressionnante. Il avait tout juste 25 ans et venait d’être nommé premier violon solo de l’ensemble, un rôle clé pour lequel il raconte ne pas avoir eu besoin de s’imposer : « Je trouve que la chaise de violon solo profère déjà une autorité naturelle. J'ai grandi avec l'orchestre, parce qu'avant ça j'avais passé quatre saisons avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France, donc je connaissais déjà tout le monde. J’ai reçu beaucoup de soutien de la part du pupitre et de l'orchestre en général. C'est un orchestre dans lequel j'ai tissé des amitiés, j’ai aussi eu parfois des conflits avec des collègues en raison de différends, de désaccords artistiques, donc forcément il faut en discuter. Mais voilà, j’ai un lien très fort avec le Philhar. C'est un orchestre que j'aime de tout mon cœur ».
Pour accéder à ce poste, il y a un concours. Retour en 2022 : « Le premier jour, c'était horrible, il y avait le premier et le deuxième tour, je ne me sentais pas bien. L'attente dans les loges était interminable, il faisait chaud, on transpirait. Le deuxième jour, celui de la finale, était une journée radieuse. Il faisait beau, c'était parfait. En plus, je crois que c'était le jour où on pouvait retirer nos masques de Covid dans le métro. C'était vraiment deux journées très contrastées. »
« Sur un CV, on ne met que les choses qui brillent »
« Mon premier souvenir musical. C'est difficile à dire. Par contre, je me souviens très bien avoir voulu faire de la musique mon métier en écoutant "La Flûte enchantée" de Mozart. » Après ce choc musical, Nathan Mierdl entame un parcours exemplaire. Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, de nombreux prix très prestigieux, des académies. Est-ce qu’il avait en tête le plan parfait pour lancer sa carrière ? « Je ne sais pas si c'était aussi défini dès mon enfance, et il faut relativiser, sur un CV on ne met que les choses qui brillent. J’ai mis mes prix, mais n’apparaissent pas le nombre de concours qui ne se sont pas bien passés, il ne faut pas oublier ça. Les réussites sont pavées d'échecs. Rien n'était vraiment calculé. C'était un peu par rencontres, par opportunités. Je suis très content que ça se soit passé comme ça. »
C’est donc grâce à ses parents que Nathan Mierdl, qui passe une partie de son enfance en Allemagne, découvre la musique. Et pour lui, sensibiliser le plus grand nombre à cet art en favorisant sa diffusion est un défi qu’il faut aujourd’hui relever : « Il n'y a pas que le concert comme on le connaît qui permet de nous accrocher à la musique. On a la chance d'avoir des concerts dans beaucoup de villes, mais les zones rurales ont un peu moins ce privilège et il y a beaucoup de travail à faire, je pense, tout comme dans l'éducation, dans les écoles. Donc voilà, petit appel du pied à l'Éducation nationale : si jamais vous nous écoutez ou si vous nous entendez, ramenez la musique au centre, proposez de la culture, et pas seulement de la musique, des visites au musée, de la culture cinématographique. Tout ça est très important. »
Violon & hockey
Il n’y a pas que la musique dans la vie de Nathan Mierdl, il y a le hockey sur glace aussi. Un sport qu’il a pratiqué enfant, et qu’il apprécie toujours autant : « C'est un sport qui est génial, on patine, c'est un sport d'équipe, on en revient au sens du collectif. Parfois faut tirer, parfois il faut faire la passe à son copain parce qu'on ne peut pas marquer. Donc c'est vraiment chouette. C'est dommage qu'à Paris on ne puisse pas le faire dans des meilleures conditions, et que ça ne soit pas plus compatible avec mon activité. Parce que quand il faut se coucher à 2 h parce qu'on a fini l'entraînement à minuit et qu'on répète à 10 h le lendemain, ce n'est pas toujours évident. Donc malheureusement, j'ai dû abandonner ce hobby là. Je suis en recherche de passions supplémentaires ! »
Autre amour, celui pour les Beatles, et particulièrement pour la chanson Help, et son « énergie contagieuse », commente-t-il. Je lui retourne le compliment.
Références :
Interview :
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