
Au tournant du XXe siècle, Béziers vit son âge d’or. Épargnée par le phylloxéra, la ville devient la capitale du vin et les fortunes s’accumulent. Par ailleurs la population explose qui demande des divertissements !
Dans les arènes, on monte des opéras grandioses, et au café-concert l'Alcazar situé à l’angle des rues Victor-Hugo et Étienne-Marcel, se succèdent pantomimes et numéros de danseuses légères. Cet établissement à la décoration orientaliste attire autant qu’il scandalise. Les messieurs y retrouvent leur maîtresse et les jeunes gens viennent s'y rincer l'oeil.
Paul Haran, architecte biterrois, est alors chargé de transformer le sulfureux Caf’ Cong' en un théâtre plus chic, où l'on pourra venir en famille.
La programmation culturelle municipale ne satisfait plus le public. "Germe alors l’idée de la construction, sur fonds privés, d’une nouvelle salle de spectacle dont la vocation consisterait à pallier les carences du théâtre officiel et supplanter les excès de mauvais goût et les outrances du café-concert".Le bâtiment de l’Alcazar est alors détruit pour laisser place au Théâtre des Variétés, réalisé par l’architecte Paul Harant qui fait édifié un vaste bâtiment avec restaurant gastronomique, promenoir avec baies vitrées à menuiseries de style Art Nouveau et jardin d’hiver
Inauguré en 1904, le Théâtre des Variétés est un pur produit de l'âge d'or du music-hall. À l'époque, on y venait pour rire, s'émerveiller, applaudir des revues parisiennes, des chansonniers, des numéros improbables. Sous la direction de Michel Higonenc à partir de 1905, une troupe d’opérette permanente s’installe. Sa programmation est éclectique, puisqu'on y voit même des animaux exotiques — lions, zèbres, ours ou éléphants !
La presse s’émerveille devant ce « théâtre bonbonnière » au style en vogue du moment, l'Art nouveau : vitraux, décors floraux en stuc, galeries lumineuses, escaliers majestueux, fumoir et café-restaurant , les Biterrois adorent !
Le théâtre devient une halte incontournable pour les tournées de revues à la mode. En 1906, on applaudit le célèbre transformiste Fregoli, les artistes du Concert Mayol comme ce jeune comique-troupier nommé Raimu, ou cet autre débutant, un certain Fernandel. Un an plus tard, c’est Maurice Chevalier qui séduit le public avec sa gouaille parisienne.
Après la Première Guerre mondiale, Alphonse Cavaillès entreprend une grande rénovation. Le théâtre suit les nouvelles tendances : music-hall mais encore cinéma, nouveau divertissement très apprécié. Les années 1920 et 1930 seront fastueuses : Gaston Ouvrard s’y produit en 1927, Mistinguett dévoile ses légendaires gambettes, et Joséphine Baker enflamme la scène en avril 1934 avec ses Baker Boys. J’ai cherché la photo de ces artistes qui m’ont précédé sur cette scène où avec mes quatorze je vais me produire. Je suis bien sûr intimidés mais aussi enthousiaste car je ne dois pas décevoir. Mon père possède un livre consacré à l’histoire du music-hall dont les images et les visages me reviennent: La Belle Otero, Raimu, Mistinguett, Maurice Chevalier, Mayol et Joséphine Baker qui sont monté sur cette scène où je suis à présent:
Au fil du temps, différents propriétaires se sont succédés. Lorsqu’il a fermé en 1982, le théâtre des Variétés ne servait plus que de salle de cinéma. Les derniers propriétaires ont fait les travaux nécessaires à sa sauvegarde et surtout l’ont fait inscrire, en 2003, pour sa sauvegarde, à l’inventaire des Monuments historiques.
En effet avec le temps la gloire du Théâtre des Variétés va s’estomper. Dans les années 1940, le lieu devient exclusivement un cinéma, et plus tard dans les années 1980, il se transforme en discothèque, avant de fermer définitivement ses portes en 1982.
La mairie a racheté le Théâtre des Variétés en 2029 pour la somme de 300 000 euros. Le maire, Robert Ménard, avait déclaré lors de ce conseil municipal, que, dans le cadre de la Politique de la ville, ce rachat "servira à regagner tout ce quartier".
Je vous invite à me retrouver dans cet écrin magique du Théâtre des Variétés de Béziers où dans la circonstance j’ai ressenti avec la chaleur de votre accueil un bonheur infini que j’espère vous aurez aussi partagé
Vidéo du concert de Manoé
Ne garder que les applaudissements de la fin
Vidéo P1006653
1) La Paloma de Sébastian Yradier y Salaverri
début à 6’32 jusqu’à 8’27
2) Quizas Quizas Oswaldo Farrès
début à 8’37 jusqu’à 10’45
3) El Condor Pasa folklore péruvien
début à 10’58 jusqu’à 14’03
4) La Cumparsita Gerardo Matéos Rodriguez
début à 14’12 jusqu’à 16’52
5) Por Uno Cabeza Carlos Gardel
début à 17’06 jusqu’à 19’23
6) Espana Emmanuel Chabrier
début à 19’49 jusqu’à 23’19
7) Le Barbier de Séville (ouverture) Rossini
début à 23’29 jusqu’à 25’06
7) La Norma Vincenzo Bellini
début à 25’20 jusqu’à la fin puis animation
pour continuer avec la vidéo Vidéo P1006654 jusqu’à 1’06
8) Aria Jean Sébastien Bach
début à 1’24 jusqu’à 5’39
9) Concerto N°6 en la mineur opus 3 allegro Antonio Vivaldi
début à 5’55 jusqu’à 9’18
10) La Danse des Esprits Bienheureux Christophe Willybald von Gluck
début à 9’35 jusqu’à 12’44
11) La Marche Florentine deJules Ernest Wilhem Fucik
début à 13’00 jusqu’à 18’20
12) Serenata Enrico Toselli
début à 18’32 jusqu’à 21’39
13) Czardas Vittorio Monti
début à 21’54 jusqu’à 26’02
14) La Marche de Radetsky Strauss P
puis animation
14) La Marche de Radetsky Strauss Pèrepour continuer avec la vidéo Vidéo P1006655 jusqu’à 6’41
début à 26’32 jusqu’à fin qui inclut ma venue sur la scène et Hallelujah Leonard Cohen
arrêt de la vidéo au 2ème salut de Manoé
Je remercie chaleureusement le Rotary Club Béziers sud de m’avoir invité, les techniciens pour la sonorisation et l’éclairage sans oublier celles et ceux venus nombreux m’écouter et m’encourager. J’ajouterai mon admiration pour Eddie Alonso et ses six danseuses qui m’ont précédé en première partie tant leur spectacle associe dans l’alchimie de leur talent la magie, la grâce et l’émotion.





Extraits de mon “Livre d’Or “