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14 décembre 2021

Mon audition de fin de trimestre (1er trimestre année scolaire 2021/2022)

A la fin de chaque trimestre notre professeur réunit ses élèves chez lui afin que chacune et chacun interprète les morceaux appris et travaillés. J’avais pour ma part à interpréter d’abord Rondino une fantaisie musicale sur un thème de Beethoven composé par Kreisler. Cette œuvre fait partie de ses nombreuses pièces de virtuosité avec un travail précis de l’archet et les doigtés d’un vibrato quasi permanent dans la subtilité des nuances qui colorent la partition à l’identique d’un tableau. Dans la richesse de son répertoire ses compositions assez courtes pour son instrument furent désignées parfois par le terme de « pièces de salon » qu'il présenta longtemps comme de simples arrangements de compositeurs du passé.

Friedrich « Fritz » Kreisler est né à Vienne en Autriche, le 2 février 1875.  A trois ans il sait déjà lire la musique. A 7 ans en 1882 il est admis au Conservatoire de Vienne où il étudie sous la direction de Joseph Hellmesberger , fils et petits-fils de violonistes, compositeur lui-même  et qui, en plus d’être professeur, a été nommé violoniste solo de la Chapelle de la Cour de Vienne. Celui-ci deviendra en 1890 le premier hofkapellmeister à l'Opéra de la Cour de Vienne puis de 1901 à 1903, le principal chef d'orchestre de l'Orchestre philharmonique de Vienne. Fritz Kreisler, enfant prodige, quitte le Conservatoire  à l'âge de 10 ans, médaillé d'or. Il part pour Paris où il est pris en mains par un autre illustre professeur, Joseph Massart, lequel comptera aussi parmi ses élèves Pablo de Sarasate, Henryk Wieniawski, Martin-Pierre Marsick1 et Camille Urso. A 12 ans il obtient le premier prix. Nous sommes en 1887.

Le Monde s’ouvre à lui. A 14 ans il effectue sa première tournée aux Etats-Unis avec Moritz Rosenthal, pianiste polonais originaire du royaume de Galicie et de Lodomérie, province de l'Autriche-Hongrie. Élève de Franz Liszt. Il revient en Europe où nous le retrouvons à Paris sur les bancs de l’Université pour apprendre l’art et la médecine. Puis il passe une année dans l'armée autrichienne. Le vécu de ces expériences lui confirme sa passion musicale qui l’a toujours habité et qu’il n’a jamais abandonnée. En 1896 il reprend sa carrière et part cette fois en tournée en Russie. Puis il est de retour, chez lui à Vienne où il est applaudi et adulé en 1898 lorsqu'il y joue le premier concerto de Max Bruch .

Nous le retrouvons à Berlin l'année suivante lorsqu'il fait ses débuts de concertiste puis il retourne en Amérique en 1900 et se produit pour la première fois en Grande-Bretagne en 1902. C'est également en 1902 qu'il épouse Harriet Lies qui en plus d’être son épouse, sera aussi sa secrétaire pour l’organisation de ses concerts;

En 1910, Fritz Kreisler crée le concerto d'Edward Elgar Elgar lequel sera, pour la petite histoire, le premier compositeur à prendre le disque phonographique au sérieux. Dès lors sa célébrité s’accroît, ce qui ne l’empêche pas à participer à la Première Guerre mondiale durant laquelle il sera blessé. Il revient en Amérique puis s’installe à Berlin en 1924 durant neuf années jusqu’en1933 puis revient à nouveau en France. En 1938, il prend la nationalité française, puis en 1939 il s'installe définitivement aux États-Unis et deviendra officiellement américain en 1943.

Dans l’intermède, en 1941, il est renversé par un fourgon dans une rue de New York qui lui vaudra une semaine de coma. Cet accident mettra fin à sa carrière professionnelle mais  il continuera cependant à jouer jusqu'en 1950.  Il décédera à New York le 29 janvier 1962, Son épouse lui survivra une année jusqu’en 1963.

    
Rondino : une fantaisie de Fritz Kreisler sur un thème de Beethoven

Mon deuxième morceau est le premier mouvement du Concerto N° 22 de Giovanni Battista Viotti en la mineur. Le premier pour moi de ce compositeur mais aussi le plus célèbre et le plus joué parmi ses 29 concertos.

Giovanni Battista Viotti est né en Italie à Fontanetto Po (province de Verceil) le 12 mai 1755 . Au XVIIIe siècle,  jeune prodige du violon, il charme l'Europe entière. Compositeur accompli pour son instrument, il sera la coqueluche de Paris un temps, mais ses accointances avec les nobles l'obligeront à fuir pour l'Angleterre lors de la Révolution Française.

Viotti fut l'élève de Gaetano Pugnani (lui-même formé par Giovanni Battista Somis) à Turin. Il fut membre de la Chapelle royale de Turin en 1775. Virtuose très apprécié, il voyagea dans toute l'Europe. Il se produit .Genève, Berne, Dresde, Berlin, Varsovie, Saint-Pétersbourg, Paris), Viotti se fixe à Paris après l'accueil chaleureux qu'il y reçoit au Concert spirituel

A partir de 1782 il vivra à Paris ou plutôt à Versailles au service de la reine Marie-Antoinette. Il se lance alors dans l'organisation d'un théâtre qui devait donner des opéras tant en français qu'en italien mais la Révolution le chasse. En 1792 il émigre en Angleterre, puis à Hambourg, en Angleterre de nouveau, où il fonde avec Clementi  -qui sera le premier grand compositeur pour le piano comme un trait d’union entre le baroque de Scarlatti et le romantisme de Beethoven- , l'orchestre philharmonique. Il rentre à Paris et, grâce à l'appui de Louis XVIII, devient directeur de l'Opéra de 1818 à 1822, mais échoue dans sa tentative de vaincre l'anarchie et le désordre qui y régnaient en maîtres. Il retourne alors à Londres où il meurt le 3 mars 1834. Le mérite essentiel de Viotti est sa virtuosité violonistique, son jeu, son phrasé, l'impétuosité des traits étaient éclatants, et son influence fut grande sur l'école française de violon. Quant à son œuvre (vingt-neuf concertos pour violon, dix pour piano, deux symphonies concertantes pour deux violons, quantité de musique de chambre), elle prône à l’excès pour certains par le goût presque exclusif de la virtuosité technique où seul brille le soliste, la musique n'ayant d'autre dessein que de le faire valoir. Pourtant l'estime où le tenait Mozart devrait sauver Viotti d'un oubli injuste et préjudiciable. Au printemps de 1785, Mozart complète l'orchestration du Seizième Concerto pour violon (en si mineur) de Viotti par l'adjonction de trompettes et de trombones.

Viotti est considéré aujourd’hui et sans équivoque comme l'un des pères de la technique violonistique moderne. Les jeunes violonistes dont je suis lui sont redevables et se reconnaissent en lui.

    
Concerto N°22 de Giovanni Battista Viotti

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